Stéatorrhée

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La stéatorrhée désigne des selles graisseuses, elle est bien souvent synonyme d’une atteinte de l’intestin. La plupart du temps, la stéatorrhée accompagne des diarrhées chroniques (depuis plus de trois mois). Que faut-il savoir sur cette infection et quelles sont les maladies intestinales liées à la stéatorrhée ? On vous répond tout de suite dans cet article !

Stéatorrhée : quelques généralités sur les diarrhées graisseuses

Les diarrhées graisseuses font partie d’un type de diarrhées dites de malabsorption. Les selles de malabsorption sont réparties sur la journée, elles sont volumineuses et parfois visiblement graisseuses (auréole huileuse sur le papier hygiénique) :

  • Les diarrhées par malabsorption sont responsables de carences et bien souvent de perte de poids malgré des apports alimentaires.
  • Les carences peuvent porter sur :
    • les électrolytes : calcium, magnésium,
    • les vitamines : vitamines liposolubles A, D, E et K, folates, vitamine B12,
    • les oligoéléments : zinc, sélénium.
  • Ces carences, à long terme engendrent des symptômes tels que des douleurs osseuses, des crises de tétanie (carence en calcium, magnésium), des troubles visuels (carence en vitamine A) ou un retard de croissance chez l’enfant et l’adolescent.

Les deux maladies intestinales chroniques les plus courantes sont la maladie cœliaque et la maladie de Crohn.

Maladie cœliaque, cause de stéatorrhée

La maladie cœliaque est la cause la plus fréquente de diarrhée par malabsorption.

Il s’agit d’une maladie auto-immune caractérisée par une intolérance aux protéines contenues dans le gluten du blé, du seigle et de l’orge.

Elle se déclare à deux âges : dans l’enfance ou bien entre 20 et 40 ans. Les facteurs de risque sont la présence d’autres maladies auto-immunes ou quelqu’un de malade au sein de la famille ; bien souvent, les signes cliniques se limitent à des troubles digestifs accompagnés de diarrhées, de stéatorrhées et de carences relevées sur le bilan sanguin.

Le diagnostic est établi après la réalisation d’une endoscopie digestive haute mettant en évidence des lésions de type atrophie villositaire (amincissement des franges intestinales) et présence de cellules inflammatoires. La recherche d’anticorps sériques anti-endomysium de type IgA et anti-transglutaminase est fréquemment positive.

Le traitement de la maladie cœliaque repose sur un régime sans gluten. Le suivi par un spécialiste gastro-entérologue est primordial.

Stéatorrhée et maladie de Crohn

La maladie de Crohn appartient au groupe des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. 1 personne sur 1 000 serait touchée par la maladie de Crohn. Un pic de fréquence est observé entre 20 et 30 ans. Le tabac pourrait constituer un facteur de risque, de même qu'une infection bactérienne ou virale, une intolérance alimentaire ou encore une parasitose intestinale due à une alimentation déséquilibrée, mais la cause reste globalement inconnue.

En dehors de la diarrhée chronique avec stéatorrhée, la maladie de Crohn est responsable d’autres symptômes :

  • douleurs abdominales parfois intenses ;
  • rectorragies (présence de sang dans les selles) ;
  • lésions proctologiques de type fissures anales, abcès récidivants, fistules (communication anormale entre une cavité physiologique et une autre comme par exemple entre l’intestin et le vagin), etc.

Le diagnostic de la maladie de Crohn repose sur la présence d’ulcérations de la muqueuse intestinale, visible à la coloscopie. La maladie de Crohn expose à des complications fréquentes telles que l’occlusion intestinale (interruption du transit), nécessitant une chirurgie.

Les traitements de la maladie de Crohn sont les corticoïdes et les immunosuppresseurs (anti-TNF, qui pourraient se révéler moins efficaces chez les patients obèses), dont l'Amsparity® (adalimumab) qui a reçu une approbation de l’Agence européenne des médicaments.

Par ailleurs, le sevrage tabagique est indispensable à la bonne évolution d’une maladie de Crohn.

Bon à savoir : paradoxalement, une étude montre que chez les patients porteurs d'une maladie auto-immune, les anti-TNF alpha entraîneraient justement plus de risques de développer une maladie de Crohn et une rectocolite hémorragique qui sont des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ! (source : Korzenik J, Due Larsen M, Nielsen J et coll. : Increased risk of developing Crohn’s disease or ulcerative colitis in 17 018 patients while under treatment with anti‐TNFα agents, particularly etanercept, for autoimmune diseases other than inflammatory bowel disease. Alimentary Pharmaceutics &Therapy, 2019).

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