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Cysticercose

Mis à jour le 26/08/2016

Temps de lecture estimé à 5 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Trois cochon regroupés dans l'herbe
© Shaiith / Getty Images
Maladies de l'appareil digestif

Sommaire.

  1. La cysticercose : caractéristiques
  2. Mode de contamination de la cysticercose
  3. Les symptômes cliniques de la cysticercose
  4. Le diagnostic de la cysticercose
  5. Cysticercose : traitement et prévention

La cysticercose est une infection parasitaire de l’homme lié à l’ingestion d’œufs microscopiques d’un ver : le Taenia solium. Cette dernière est observée dans les régions tropicales ou subtropicales ; les principaux foyers étant l’Amérique centrale, l’Afrique et l’Asie mais encore à Madagascar et à la Réunion.

La cysticercose : caractéristiques

Le Taenia solium, agent pathogène de la cysticercose

Le Taenia solium est un ver plat (embranchement des plathelminthes, classe des cestodes) présent partout dans le monde. Ce ver hermaphrodite segmenté en forme de ruban est un parasite intestinal de l’Hommeet peut atteindre jusqu’à huit mètres de long.

Le ver se rencontre sous forme adulte dans l’intestin humain, sous sa forme larvaire dans les muscles du porc et ses œufs sont retrouvés dans eaux usés contaminés par les déjections.

Spécificités de la cysticercose

La cysticercose est une des formes d’infection parasitaire du Taenia solium. La cysticercose touche les pays sous-développés où les conditions d’hygiène liées aux déjections (humaines ou animales) sont mauvaises et où il y existe une promiscuité entre l’homme et les porcs, celui-ci étant l’hôte intermédiaire.

La cysticercose est due à l’ingestion d’œufs du Taenia solium et provoque des kystes au niveau des muscles, des yeux ou du cerveau.

La cysticercose est à différencier du taeniasis, infection uniquement intestinale (pas de diffusion sanguine) mais cette fois-ci provoquée uniquement par ingestion de larves (et non par les œufs) enkystés dans la viande de porc.

Bon à savoir

Remarque : si d’autres espèces de vers peuvent provoquer un taeniasis comme le Taenia saginata (appelé vulgairement ver solitaire) ou le Taenia Asiatica; le Taenia Solium est le seul à provoquer la cysticercose.

Tant qu'on en parle
Traiter un ténia ou ver solitaire

Mode de contamination de la cysticercose

Cycle du parasite

Le cycle du Taenia solium comporte deux hôtes :

  • un hôte intermédiaire, le porc ;
  • un hôte définitif, l’homme.

L’hôte définitif du ver est contaminé par ingestion des larves dans la viande de porc insuffisamment cuite et le ver se développe alors au niveau intestinal, pour enfin devenir adulte (on parle alors de taeniasis).

Par ses déjections, l’homme infecté rejette dans l’environnement les œufs du parasite qui résistent à l’eau et à la sécheresse.

Le porc ingère alors ses œufs qui libèrent des embryons et franchissent la paroi intestinale pour diffuser dans le sang et se loger dans les muscles, les yeux, la colonne vertébrale, le cerveau ou les tissus sous la peau.

Ces embryons vont devenir des kystes contenant chacun une larve : la cysticerque.

Développement de la cysticercose

Dans la cysticercose, l’homme est un hôte accidentel : le parasite ne peut plus continuer son cycle et l’homme subit alors le même sort que le porc : ingestion des œufs et diffusion sanguine (musculaire, oculaire et cérébrale).

L’homme est contaminé en buvant des eaux usées, en mangeant des fruits et des légumes contaminés ou encore lors d’une mauvaise hygiène des mains, d’où le fait que cette maladie soit particulièrement développée dans des zones pauvres.

Les symptômes cliniques de la cysticercose

Les symptômes de la cysticercose sont très variés, non spécifiques et leur évolution souvent imprévisible. Elle demeure néanmoins une infection bénigne dans la majorité des cas.

Selon certaines études, environ 30 % des personnes infectées ne présenteraient pas de symptômes. Dans les autres cas, les symptômes peuvent apparaître de quelques mois à quelque années et dépendent de la localisation des cysticerques :

  • dans le cerveau, car la neurocysticercose provoque principalement :
    • des crises d’épilepsie avec ou sans convulsion ;
    • des céphalées (maux de tête) ;
    • des déficits moteurs (impossibilité de bouger les bras ou les jambes) ;
    • des déficits sensoriels ;
    • une perte de la coordination ;
    • des hémorragies cérébrales est des infarctus cérébraux (artères cérébrales qui se bouchent).
  • dans les yeux : la cysticercose oculaire peut entraîner une baisse de la vue jusqu’à la perte totale de la vue ;
  • dans les muscles : il peut en résulter des douleurs et une faiblesse musculaires ;
  • sous la peau : des kystes cutanés parfois visibles sont palpables.

Le diagnostic de la cysticercose

Le diagnostic est peu évident car les symptômes sont très variés. Il repose sur :

  • l’imagerie médicale (radiologie, scanner, IRM…) ;
  • la palpation et la biopsie des kystes sous-cutanés ;
  • les résultats d’analyses médicales.

Les œufs sont recherchés dans le selles soit au microscope soit par détection de l’ADN (PCR : Polymerase Chain Reaction).

La recherche d’anticorps dans le sang et les voyages en zones d’infestation (Amérique centrale, Afrique…) contribue également au diagnostic.

Cysticercose : traitement et prévention

Prévention

La diffusion de la cysticercose repose sur le bon déroulement du cycle parasitaire du Taenia solium.

Des mesures préventives doivent être mises en place pour prévenir la cysticercose et passe par l’amélioration de l’assainissement et le contrôle des élevages porcins.

Des campagnes d’information sont nécessaires à l’éradication de la cysticercose, pour expliquer aux populations la nécessité d’avoir une bonne hygiène des mains notamment, ou encore de bien congeler puis cuire la viande porcine avant consommation.

Traitement

Le traitement de la cysticercose dépend de la migration du ver mais repose en général sur un antiparasitaire : l’albendazole, sauf dans la forme cérébrale où la chirurgie est recommandée sans antiparasitaire.

La dose d’albendazole à administrer est de 15 mg/kg et par jour, pour une durée de deux jours à plus d’un mois, selon les zones anatomiques touchées. Le traitement implique également la prise de corticoïdes.

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