Principe et causes de la dysphagie 

Sommaire

Difficulté à ingérer les aliments ou les boissons, la dysphagie est un symptôme qui se manifeste dans différentes circonstances et dont les conséquences sur la santé sont parfois extrêmement sérieuses.

Phases de la digestion

Un petit rappel sur les premières phases de la digestion s'impose :

  • Lorsque nous prenons notre repas, nous portons les aliments à notre bouche, où ils sont réduits en petits fragments enduits de salive. Pour les avaler, la langue les dirige vers le fond de la cavité buccale.
  • La respiration s'arrête alors momentanément et les mouvements du pharynx acheminent le bol alimentaire vers sa destination suivante, l’œsophage. Ce conduit est fermé par un sphincter, qui s'ouvre pour permettre le passage des aliments.
  • Les contractions de l’œsophage conduisent ensuite le contenu ingéré vers l'estomac.

Dysphagie : un trouble de la déglutition

La dysphagie se traduit par une sensation de gène lors du transfert des aliments, solides et/ou liquides, de la cavité buccale à l'estomac. La personne ressent un blocage qui empêche la progression normale du bol alimentaire.

On parle de dysphagie « haute » si la gène est ressentie au niveau du larynx, « basse » si elle concerne l’œsophage.

Bon à savoir : le terme « dysphagie » vient du grec « dys » : « difficulté » et « phagein » : « manger ».

Causes de la dysphagie

Elle peut avoir deux types origines distinctes.

Une dysphagie organique est associée à la présence d'un obstacle physique qui contrarie la progression des aliments. Il peut s'agir :

  • d'une hypertrophie des amygdales ;
  • de la présence d'une tumeur bénigne ou maligne ;
  • d'une sténose œsophagienne, qui correspond à une diminution de la taille de l’œsophage : elle est liée par exemple à un reflux gastro-œsophagien (RGO) qui a entraîné l'apparition de tissus cicatriciels ou à l'ingestion d'une substance toxique, à l'origine d'une irritation.

Les difficultés sont généralement progressives dans ce type de dysphagie : au début, seuls les aliments solides sont concernés, puis peu à peu, l'ingestion de liquides devient également problématique.

Une dysphagie fonctionnelle est liée à un problème de motricité de l’œsophage. Elle peut être entraînée par :

  • une infection, comme une épiglottite de l’adulte (ses principaux symptômes étant l’irritation de la gorge, l’odynophagie et la dysphagie) ;
  • une maladie rare, de cause inconnue, qui se traduit par un mégaœsophage : cet œsophage dilaté se contracte peu ou pas ;
  • des atteintes neurologiques, causées par des maladies (parkinson, sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophie...) ou consécutives à un AVC ou traumatisme crânien ;
  • des maladies musculaires (polymyosite, dystrophies musculaires) ;
  • une sclérodermie, maladie qui affecte le collagène.

À noter : pour diagnostiquer une dysphagie, les patients sont principalement soumis à deux types d'examens : la fibroscopie, qui consiste à introduire par la bouche ou le nez un tube flexible relié à une caméra, ou un Transit-Œso-Gastro-Duodénal (TOGD) après ingestion d'un produit de contraste.

Ne pas confondre avec « la boule dans la gorge »

La dysphagie ne doit pas être confondue avec la sensation de « boule dans la gorge », désignée en médecine par l’appellation « globus hystericus »

Cette sensation est en effet ressentie en dehors de l'ingestion d'aliments et se rencontre en période de stress ou accompagne certains désordres psychologiques.

Conséquences de la dysphagie

Troubles respiratoires

La dysphagie peut avoir une conséquence grave, la « fausse route » ou « fausse déglutition » : les aliments, au lieu d'être normalement acheminés vers le tube digestif, passent par les voies respiratoires. Il y a alors un risque d'étouffement.

Elle peut également être associée à d'autres troubles respiratoires, comme de la toux, des encombrements, des troubles respiratoires obstructifs du sommeil, voire des infections respiratoires à répétition.

Troubles alimentaires

La prise alimentaire est perturbée par ce symptôme, les personnes qui en souffrent peuvent ainsi perdre du poids, souffrir de dénutrition et de déshydratation.

Le moment du repas devient particulièrement anxiogène, ce qui conduit parfois à une anorexie, ou un isolement social.

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