Clostridium

Sommaire

Les maladies causées par des bactéries sont nombreuses et plus ou moins gênantes. Le Clostridium difficile est une bactérie entraînant des troubles de la digestion. Quels sont les symptômes associés à sa présence dans l’intestin ? Comment le traiter ? On vous dit tout !

Définition : rappel de ce qu'est le clostridium

Le clostridium est un genre bactérien, dont certaines espèces sont extrêmement pathogènes pour l’homme :

Clostridium difficile : comment se définit-il ?

Le Clostridium difficile est une bactérie capable de provoquer des symptômes allant d’une diarrhée plus ou moins sévère à une inflammation mortelle du côlon.

  • Il est présent dans le sol, l’air, l’eau, les produits alimentaires, mais aussi dans les matières fécales humaines et animales. Une personne devient infectée lorsqu'elle porte sa main à la bouche après avoir touché une surface contaminée par des selles. Le personnel hospitalier est également particulièrement susceptible de transmettre la bactérie.
  • Elle attaque la muqueuse de l’intestin. À noter qu'en raison de leur action sur l’acidité gastrique, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) exposent au risque d’infections digestives, et notamment à Clostridium difficile, via une altération de la flore intestinale.
  • Le plus souvent, la bactérie touche les personnes âgées dans les hôpitaux.
  • Certaines personnes sont porteuses de Clostridium difficile dans leur intestin, mais ne sont pas malades. Elles peuvent malgré tout propager l’infection autour d’elles.

Bon à savoir : près d’1 million de personnes chaque année tombent malades à cause d'un Clostridium difficile.

Symptômes du Clostridium difficile

Les symptômes liés à la présence de Clostridium difficile se développent de manière générale après une cure d’antibiotiques à forte dose ou pendant une longue période :

  • pris pour traiter une infection particulière, les antibiotiques peuvent aussi détruire une partie des bactéries utiles pour l’organisme ;
  • sans un nombre suffisant de bactéries saines dans l’intestin, Clostridium difficile se développe rapidement et produit des toxines ;
  • les antibiotiques contribuant à la propagation de Clostridium difficile sont notamment les fluoroquinolones, les céphalosporines et les pénicillines.

Les symptômes vont d’une infection légère à sévère :

  • une diarrhée aqueuse environ 3 fois par jour et des crampes abdominales (les symptômes les plus fréquents) ;
  • une colite (inflammation du côlon) ;
  • des diarrhées aqueuses 10 à 15 fois par jour, avec un risque de déshydratation ;
  • de la fièvre ;
  • la présence de sang dans les selles ;
  • des nausées ;
  • une perte d’appétit ;
  • une perte de poids ;
  • un gonflement au niveau de l’abdomen ;
  • une insuffisance rénale ;
  • un nombre élevé de globules blancs.

Important : se laver les mains contribue à freiner la propagation de la bactérie.

Clostridium difficile : traitement

Approche classique de traitement du Clostridium difficile

Quand les symptômes sont bénins, les personnes n’ont en général pas besoin de suivre de traitement particulier. En revanche, dans les cas les plus graves, le médecin peut prescrire :

  • des antibiotiques ;
  • une intervention chirurgicale.

Transplantation de microbiote fécal

La transplantation de microbiote fécal (TMF) consiste à transférer une préparation basée sur les selles dʼun donneur sain dans le tube digestif dʼun patient receveur pour rééquilibrer sa flore intestinale. Cela s'effectue via :

  • une sonde naso-duodénale ou gastrique ;
  • un lavement ;
  • une coloscopie ;
  • des capsules à double enveloppe et gastro-protégées (innovation 2017).

La préparation des selles est effectuée sous la responsabilité dʼune pharmacie à usage intérieur (PUI) dʼun établissement de santé. Le donneur unique est rigoureusement sélectionné. Il peut être un proche du patient receveur ou un donneur anonyme. Il est soumis à un questionnaire très complet et à des prélèvements (sang, selles). L’ANSM (Agence nationale de sécurité et des produits de santé) recommande un délai de 14 jours entre le 1er prélèvement fécal destiné au dépistage d’agents pathogènes et le 2e destiné au receveur. L’administration au rece­veur se fait sous contrôle médical après signature d’un consentement éclairé.

Les selles prélevées sur place sont mises en quarantaine jusqu’à ce que tous les examens de dépistage soient négatifs. La prépa­ration (dilution dans du sérum physiologique, homogénéi­sation, filtration, conditionnement) est ensuite validée par le phar­macien responsable. Elle peut être conservée pendant six mois à - 80 °C sans altération du microbiote.

La TMF est très efficace dans la prise en charge des infections à Clostridium difficile puisque le taux de réussite est de 90 %. Toutefois, cette technique n'est autorisée en France que dans cadre des infections à Clostridium difficile récidivantes (d'autres pays y ont également recours contre les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, certaines pathologies auto-immunes et même certains troubles psychiatriques). L'ANSM estime par ailleurs que la transplantation de microbiote fécal « doit être réservée aux situations graves ou rares, en échec de traitement conventionnel et en l’absence d’alternative thérapeutique disponible et appropriée ».

Bon à savoir : si vous souhaitez être donneur et que vous voulez savoir si vous êtes éligible au don de selles, complétez ce question­naire : https://saintantoine.aphp.fr/suis-je-eligible-au-don-de-selles/ (si vous êtes éligible et que vous laissez vos coordonnées vous pouvez être contacté par l’hôpital Saint-Antoine, il est donc nécessaire d’habiter à proximité). Des centres de dons existent dans plusieurs villes, leurs adresses sont disponibles sur le site Internet du Groupe français de transplantation fécale (GFTF) : https://www.gftf.fr/76+centres-referents.html.

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