Tourista

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La tourista ou diarrhée du voyageur frappe 20 à 50 % des personnes lors d’un voyage court ou au début d’un séjour plus long. Elle peut être :

  • d’origine virale dans sa forme bénigne habituelle ;
  • d’origine bactérienne ou plus rarement parasitaire dans ses formes sévères et prolongées, notamment en cas de dysenteries tropicales.

Définition de la tourista : la diarrhée du voyageur

La tourista serait favorisée par la rencontre de germes différents de ceux du pays d’origine, contre lesquels le voyageur n’a aucune immunité : la tourista frappe tout le monde, dans tous les pays y compris la France. Il est très difficile de prévenir la survenue d’une tourista, quelles que soient les précautions d’hygiène corporelle ou alimentaire que l’on prend. Une vaccination contre les rotavirus n’évite qu’environ la moitié des cas possibles, mais n’évite pas les contaminations par les autres virus ou par les bactéries souvent en cause.

Elle ne présente pas de gravité particulière dans sa forme courante, mais il est prudent de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une infection bactérienne quand elle dure plus de deux à trois jours ou qu’elle présente des critères de gravité, dont la présence de sang dans les selles.

Symptômes de la tourista

La tourista se manifeste brutalement et possède quasiment les mêmes symptômes qu'une gastro-entérite virale :

  • une diarrhée aiguë ;
  • des crampes abdominales ;
  • des nausées et vomissements ;
  • éventuellement de la fièvre.

Ces symptômes disparaissent généralement en quelques jours. Au-delà d'une dizaine de jours, une consultation médicale est nécessaire.

À noter : une tourista entraîne un syndrome de l’intestin irritable post-infectieux dans les 6 mois qui suivent dans 3 à 30 % des cas en fonction de la gravité de l’épisode initial, du microbe ou parasite impliqué et du profil du patient (le risque est plus élevé en cas d'infection parasitaire).

Traitement de la tourista : soulager au plus vite

À l'image du traitement de la gastro, la tourista sera soulagée en deux ou trois jours par des mesures simples :

  • une mise au repos de l’appareil digestif en limitant l’alimentation à des soupes liquides, des compotes ou des gelées, des yaourts, en éliminant tous les aliments ou morceaux d’aliments solides susceptibles d’irriter la muqueuse digestive ;
  • une réhydratation sucrée-salée par petites quantités fréquentes ;
  • la prise facultative de médicaments antisécrétoires pour réduire le volume d’eau dans les selles ou de pansements digestifs pour apaiser les douleurs.

Concernant l’antibiothérapie curative dans les diarrhées du voyageur, l’azithromycine est désormais le traitement de première intention, indique le Haut Conseil de la Santé publique (communiqué du 28 juin 2023).

Cependant, il est préférable de renoncer à une excursion ou une activité que de prendre un médicament « antidiarrhéique » pour les pratiquer quand même : bloquer les cirus dans l’intestin ne fait que prolonger la durée de la maladie.

Bon à savoir : le nifuroxazide (Ercefuryl® et génériques) est un anti-infectieux intestinal très utilisé depuis les années 1960, mais il n'est indiqué que dans le traitement des diarrhées aiguës présumées d’origine bactérienne. Cependant, il fait l‘objet d’un mésusage important du fait que la majorité des diarrhées infectieuses sont d’origine virale. En outre, il « n’a pas montré d’intérêt clinique dans le traitement de ces affections », affirme l’ANSM qui préconise de ne plus l'utiliser sans avis médical et qui le déconseille au moins de 18 ans (source : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, 10 juillet 2019). De même, la revue Prescrire le déconseille en précisant qu'il expose à des effets immunoallergiques et hématologiques rares mais graves.

En aromathérapie, deux formules peuvent être utiles pour améliorer la prise en charge et accélérer la guérison.

En cas de diarrhée d’origine virale, mélangez dans un flacon de 15 ml :

  • 60 gouttes (3 ml) d’HE d’arbre à thé (tea-tree : Melaleuca alternifolia) ;
  • 30 gouttes (1,5 ml) d’HE de coriandre (Coriandrum sativum/graine) ;
  • complétez avec de l’huile végétale (HV) de macadamia.

Pour une diarrhée d’origine bactérienne, mélangez dans un flacon de 15 ml :

  • 9 gouttes (0,5 ml) d’HE de cannelier de Ceylan (Cinnamomumn zeylanicum) ou de Chine (Cinnamomumn cassia) ;
  • 81 gouttes (4 ml) d’HE de coriandre ou de menthe poivrée ;
  • complétez avec de l’HV de macadamia ou d’abricot.

Appliquez sur le ventre 10 à 20 gouttes du mélange choisi après l’avoir agité vigoureusement et répétez l’opération 4 à 6 fois par jour durant un jour ou deux.

Précautions pour éviter la tourista

De nombreuses bactéries responsables de la tourista sont présentes dans l'eau. L'alimentation est donc la principale cause de la tourista. Comme dit le proverbe : « Il faut le faire bouillir, le cuire, l'éplucher, ou l'oublier. »

Pour réduire les risques, quelques gestes simples :

  • Ne boire que des boissons en bouteille (neuves) ou en canette, ouverte devant vous.
  • Ne pas boire l'eau du robinet, d'une source, d'une rivière, d'un puits, etc.
  • Se méfier des glaçons et de la glace pilée pas toujours fabriqués avec de l'eau potable.
  • Attention à ne pas avaler l'eau utilisée pour le brossage des dents ou pour la douche.
  • Éviter les crudités (lavées à l'eau du robinet).
  • Ne manger que les aliments qu'on a soi-même épluchés.
  • Ne pas absorber de laitages et de beurres crus non pasteurisés.
  • Ne pas manger de viande hachée et ne consommer que des viandes bien cuites, sans sauce, avec une préférence pour le poulet et le mouton.
  • Éviter les crustacés d'eau douce crus, les coquillages, les huîtres et les fruits de mer, le thon et les poissons crus.

Ces pros peuvent vous aider