Atrophie villositaire

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L'intestin grêle assure l'assimilation des nutriments fournit par les aliments que nous consommons. Pour faciliter ce processus, il forme une multitude de replis, appelées villosités, qui augmentent sa surface de contact : elle atteint ainsi 200 m².

Lorsque ces villosités sont endommagées, on parle alors d'atrophie villositaire. L'ensemble de l'organisme est déséquilibré. Faisons le point à ce sujet.

Causes de l'atrophie villositaire

L'endommagement des villosités est la conséquence de différentes pathologies :

  • La maladie cœliaque : elle est provoquée par une intolérance au gluten, une protéine rencontrée dans de nombreuses céréales consommées couramment : blé, seigle, orge, avoine, épeautre... Il s'agit de la cause la plus fréquente.
  • Des déficits en certaines cellules du système immunitaire, comme les immunoglobulines A.
  • La lambliase, une infection par un parasite (Giardia lamblia) qui peut être contractée dans les pays tropicaux.
  • Un déficit en lactase, l'enzyme qui permet de digérer le sucre présent dans le lait.
  • La maladie de Whipple, affection rare provoquée par la bactérie Tropheryma whipplei.

Bon à savoir : certains médicaments peuvent également entraîner une atrophie villositaire, comme la néomycine, un antibiotique.

Atrophie villositaire : quels symptômes ?

L'atrophie villositaire provoque des perturbations et notamment :

  • une diarrhée chronique ;
  • une perte de poids et de la fatigue ;
  • des douleurs abdominales ;
  • des crises de tétanie ;
  • un syndrome hémorragique ;
  • l'apparition d’œdèmes...

Elle est responsable d'un syndrome de malabsorption, qui se traduit par des carences nutritionnelles, notamment en acide folique, en calcium ou en fer. Les personnes touchées sont ainsi souvent en anémie et peuvent souffrir d'une atteinte osseuse.

Un des spécialiste de ce domaine, le professeur Michael N. Marsh, a proposé une classification des différents stades de l'atteinte des villosités :

  • le type 1 correspond à une muqueuse intestinale normale ;
  • le type 2 correspond à une atrophie villositaire partielle ;
  • le type 3 correspond à une atrophie villositaire presque totale ;
  • le type 4 correspond à une atrophie villositaire totale.

Prise en charge d'une atrophie villositaire

Pour mettre en évidence cette atrophie des villosités, le gastro-entérologue réalise une endoscopie au cours de laquelle il effectue des prélèvements de la muqueuse de l'intestin grêle. Ils seront minutieusement observés en laboratoire.

Le traitement va bien sûr dépendre de la cause de l'atrophie :

  • En cas de maladie cœliaque, le seul traitement est l'éviction totale du gluten, par un régime alimentaire sans gluten très rigoureux. En quelques mois, l'état général s'améliore et il faut compter plus d'un an pour que les villosités retrouvent un aspect normal. Au début du régime, il est souvent nécessaire d'écarter en plus les produits laitiers, le temps que la muqueuse intestinale soit bien rétablie.
  • En cas de maladie de Whipple, un traitement antibiotique au long court (plus d'un an) est nécessaire.
  • En cas de lambliase, des nitro-imidazolés sont prescrits.
  • Les carences nutritionnelles sont corrigées à l'aide d'une supplémentation.

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