Ventre qui gargouille : le syndrome de l'intestin irritable

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Les gargouillis du ventre ou borborygmes, lorsqu’ils ne sont pas associés à d’autres symptômes, sont provoqués par la faim. Quelles peuvent être les autres causes des gargouillements ? Faisons ensemble le point sur la question.

Ventre qui gargouille : les caractéristiques des borborygmes

Les borborygmes sont des bruits produits par l’estomac et les intestins, souvent associés à la sensation de faim.

Borborygmes et péristaltisme digestif

Estomac et intestins sont tous les deux pourvus d’une activité motrice qui peut être bruyante. C’est le péristaltisme de la digestion, permettant la progression du bol alimentaire : contractions musculaires en amont, relâchement des fibres en aval. L’ensemble du mouvement forme une onde de progression digestive lente, à raison de 3 à 6 par minute.

Le tube digestif comprend des fibres musculaires longitudinales et circulaires permettant cette motricité. C’est au niveau de l’estomac que les contractions ont le plus d’amplitude.

Leur rôle consiste en un :

  • brassage lent des aliments dans la partie centrale de l’estomac ;
  • brassage vigoureux des aliments avant la vidange gastrique, vers le fond de l’estomac ;
  • tamisage des aliments afin de ne faire passer que les aliments d’une taille inférieure à 2 ou 3 mm de diamètre, vers les intestins.

Dans son fonctionnement normale, le tube digestif est toujours en mouvement, même en dehors de la digestion.

Ventre qui gargouille : contractions de la faim

En cas de jeûne ou si la glycémie diminue, on observe des contractions gastriques importantes : on parle de contractions de la faim, responsables des borborygmes. Ainsi, les borborygmes sont des bruits normaux, même si leur intensité est parfois grande. Pensez à bien manger au petit-déjeuner ou à vous apporter un goûter si votre ventre est bruyant avant l’heure du déjeuner ou avant de dîner.  

C’est lorsque les borborygmes sont associés à des troubles digestifs ou à des douleurs qu’il faut penser à consulter.

Gargouillis liés au syndrome de l’intestin irritable

La cause du syndrome de l’intestin irritable n’est pas clairement identifiée à ce jour mais parmi les hypothèses émises, on retrouve :

  • un trouble de la motricité digestive, responsable de bruits digestifs ;
  • une alimentation déséquilibrée ;
  • une flore intestinale perturbée ;
  • diverses intolérances alimentaires (lait, gluten...) ;
  • des pathologies intestinales (constipation, intoxication alimentaire, gastro-entérites...) et les suites d'une infection intestinale qui auraient rendu le système immunitaire hypersensible en présence de certains aliments ;
  • le stress ;
  • l'alcool ;
  • certain traitements (antibiotiques, chimiothérapie, vaccins en excès...).

Bon à savoir : l’enregistrement du rythme de l’intestin retrouve des épisodes de contractions en salves et d’autres épisodes avec des contractions de grande amplitude.

Gargouillis et autres symptômes de l’intestin irritable

Le syndrome de l’intestin irritable concerne préférentiellement les femmes (ratio de 2 femmes pour 1 homme), de 30 à 40 ans. Les personnalités anxieuses ou stressées sur le long terme sont plus souvent touchées, le stress exerçant une action pro-oxydante et inflammatoire.

Parmi les symptômes principalement rencontrés, on trouve des douleurs abdominales matinales ou post-prandiales (après le repas), des borborygmes, des ballonnements, parfois soulagés par l’émission de selles ou de gaz, une alternance de diarrhées et de constipation.

Ces symptômes évoluent de manière chronique (plus de 3 mois) mais il n’y a pas d’altération de l’état général associé. Devant ces symptômes, on préconise en général la réalisation d’un bilan sanguin et d’une coloscopie afin d’éliminer un autre diagnostic.

Aucune anomalie n’est détectée en dehors d’un trouble de motricité intestinale, s’il s’agit bien d’un syndrome de l’intestin irritable.

Que faire en cas de gargouillis lié au syndrome de l’intestin irritable ?

Les borborygmes du syndrome de l’intestin irritable nécessite une prise alimentaire régulière et équilibrée. Aucun régime particulier n’a montré d’efficacité. Il n’y a, à ce jour, aucun traitement du syndrome de l’intestin irritable. On utilise des traitements actifs sur les symptômes, un par un. Les borborygmes ne seront améliorés que par la régulation du transit et des douleurs.

Les médicaments les plus fréquemment utilisés sont les antalgiques : anti-spasmodiques de type Spasfon® et pansements gastriques comme le Gaviscon®, les anti-diarrhéïques (Smecta®) et les laxatifs comme le Forlax®.

Bon à savoir : par mesure de précaution, l'ANSM demande de ne plus utiliser les antidiarrhéiques à base d'argiles extraites du sol (comme le Smecta® ou ses génériques à base de diosmeticte) chez l'enfant de moins de 2 ans. Ces médicaments disponibles sur ordonnance ou en automédication ne sont, par ailleurs, pas non plus recommandés chez la femme enceinte ou allaitante. 

Enfin, des activités relaxantes (sophrologie, yoga...) voire un traitement anti-dépresseur ou un suivi psychologique permettent souvent d’améliorer les symptômes. Afin de minimiser les désagréments du syndrome de l’intestin irritable au quotidien, un suivi médical régulier est essentiel.

Bon à savoir : après trois mois de cours individuels et de cours collectifs d’hypnothérapie (exercices de visualisation positive), respectivement 40 et 33 % des patients souffrant d’un syndrome du côlon irritable voient leurs symptômes s’améliorer ; cette amélioration serait ressentie jusqu’à 9 mois après l’arrêt du traitement (source : Carla E. Flik, et al., “Efficacy of individual and group hypnotherapy in irritable bowel syndrome (IMAGINE): a multicentre randomised controlled trial”, The Lancet ; Gastroenterology & hepatology, novembre 2018).

Approche en aromathérapie

On peut également recourir aux huiles essentielles (HE) en mettant en place une solution aromathérapeutique en cas de crise, et un traitement de fond à utiliser sur le long terme.

En cas de crise, mélangez dans un flacon de 30 ml :

  • 50 gouttes d’HE de menthe poivrée ;
  • 40 gouttes d’HE de gingembre, de cardamome ou de patchouli ;
  • 30 gouttes d’HE de camomille romaine, de lavande fine ou de basilic tropical ;
  • de l’huile végétale de jojoba.

Appliquez une quinzaine de gouttes de ce mélange sur l’abdomen jusqu’à 6 fois par jour en cas de crise et poursuivez pendant deux à trois semaines.

Pour un traitement de fond, mélangez dans un flacon de 30 ml :

  • 10 gouttes d’HE de menthe poivrée ;
  • 10 gouttes d’HE de gingembre, de cardamome ou de patchouli ;
  • 10 gouttes d’HE de camomille romaine ou de lavande fine ;
  • de l'huile végétale de jojoba (cire liquide).

Appliquez 10 à 20 gouttes de ce mélange (l’équivalent d’une petite noisette) sur l'abdomen deux à trois fois par jour pendant un mois et renouvelez les applications plusieurs fois dans l’année en fonction des besoins.

Ces pros peuvent vous aider