Le spasme œsophagien est un trouble de la motricité de l’œsophage. Il désigne des symptômes douloureux ou une gêne lors de la déglutition, liés à une anomalie de la contractilité de l’œsophage. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur ces troubles dans cet article.
Spasme œsophagien : anatomie
L’œsophage est un tube musculaire flexible, aplati entre les déglutitions, d’une longueur de 25 centimètres environ. Il relie la cavité buccale à l’estomac et traverse successivement le cou, le thorax et l’abdomen.
Sa paroi comporte, de l’intérieur vers l’extérieur :
- une muqueuse qui contient une couche musculaire lisse, dont le contrôle est involontaire ;
- une musculeuse faite de deux couches de cellules musculaires lisses, une couche circulaire interne et une couche longitudinale externe. Au niveau du haut œsophage, la couche longitudinale externe comprend des fibres musculaires striées, dont la commande est volontaire.
Anatomiquement, l’œsophage comporte plusieurs segments :
- sphincter supérieur de l’œsophage, dont la contraction tonique empêche les régurgitations dans le pharynx et limite l’entrée d’air lors de la respiration. Il se relâche au moment de la déglutition, ce qui permet le passage du bol alimentaire dans l’œsophage ;
- zone médiane, ou corps de l’œsophage, dont l’activité motrice est régie par les fibres musculaires lisses. Ces muscles créent des ondes péristaltiques qui se déplacent le long de l’œsophage et propulsent ainsi les aliments ;
- sphincter inférieur de l’œsophage, constitué par un épaississement des muscles lisses de la couche circulaire interne. Aidé par les contractions du diaphragme, il détermine une zone de haute pression. Cette zone se relâche après la déglutition, mais aussi en cas de distension de l’estomac ou de stimulation du pharynx.
Causes du spasme œsophagien
Les causes du spasme œsophagien sont réparties en deux catégories, les contractions non coordonnées et les hypercontractions coordonnées.
Contractions non coordonnées
Lorsque les contractions sont non coordonnées, il existe des ondes de contraction simultanées aux contractions normales, qui interrompent la progression normale des aliments. Ces contractions ne sont pas efficaces, ce qui empêche la progression du bol alimentaire.
Ce symptôme s’observe dans :
- la maladie des spasmes œsophagiens diffus (généralement sans symptômes, ces spasmes sont retrouvés inopinément) ;
- les formes secondaires de pathologies comme le diabète, le reflux gastro-œsophagien, ou encore des maladies générales comme l’amylose ou la sclérodermie.
Contractions coordonnées
Parfois, les contractions sont coordonnées, mais elles sont trop puissantes, la pression est trop élevée. Elles se remarquent dans :
- le syndrome du péristaltisme douloureux ou œsophage casse-noisette ;
- l’hypertonie du sphincter inférieur de l’œsophage, qui ne se relâche pas suffisamment. Souvent, ce phénomène est associé au syndrome du péristaltisme douloureux. Encore appelé achalasie, ce dysfonctionnement est plus sévère et plus difficile à traiter.
Symptômes des spasmes œsophagiens
Plusieurs symptômes doivent alerter sur un spasme œsophagien :
- une douleur derrière le sternum qui peut évoquer une douleur d’angine de poitrine, on parle de douleur pseudo-angineuse ;
- une gêne pour avaler (dysphagie), avec sensation de blocage du contenu alimentaire dans la gorge ;
- des nausées voire des vomissements ;
- des régurgitations acides en cas de reflux gastro-œsophagien associé, qui se traduisent par une brûlure derrière le sternum ou pyrosis ;
- une douleur thoracique intense ;
- des brûlures et douleurs dans la zone du ventre.
Spasmes œsophagiens : le diagnostic
Le diagnostic est confirmé par un certain nombre d’examens complémentaires :
- endoscopie digestive haute : elle consiste à explorer l’œsophage en introduisant une sonde équipée d’une caméra par la bouche ou le nez, sous anesthésie locale ou parfois sous anesthésie générale. Elle permet d’apprécier l’état de la muqueuse et, si besoin, de réaliser des biopsies ;
- pH-métrie œsophagienne : elle consiste à placer dans l’œsophage une sonde équipée d’électrodes de mesure du pH. Elle permet d’authentifier un reflux gastro-œsophagien ;
- manométrie œsophagienne : c’est l’étude des pressions régnant dans l’œsophage en introduisant par le nez une sonde équipée de capteurs de pression. Elle permet de mettre en évidence des anomalies de la motricité de l’œsophage. La manométrie œsophagienne mesure aussi les contractions et permet d’avoir une description précise des spasmes ;
- transit opaque : il consiste à prendre des clichés de l’œsophage et de l’estomac à différents temps, après l’ingestion d’un produit de contraste ; cela permet d’explorer les différents segments de l’œsophage au fur et à mesure qu’ils se remplissent ;
- scanner de l’œsophage : il analyse les parois de l’œsophage et évalue les rapports avec les organes voisins.
Le diagnostic des spasmes œsophagiens repose également sur l’intensité de la douleur et la fréquence des symptômes.
Traitement des spasmes œsophagiens
Pour soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie des patients, le traitement comporte des mesures hygiéno-diététiques :
- éviction du tabac et de l’alcool ;
- surélévation de la tête du lit en cas de reflux gastro-œsophagien.
Il comporte le traitement de la cause en cas de spasme œsophagien secondaire.
Une prescription médicamenteuse par un médecin est souvent nécessaire :
- anti-acides en cas de remontées acides ;
- médicaments qui possèdent une action relaxante sur la musculature œsophagienne (par exemple : inhibiteurs calciques, trinitrine, antidépresseurs imipraminiques) ;
- des anxiolytiques sont parfois utiles en cas d’anxiété.
Pour le traitement des spasmes œsophagiens, il est aussi possible de recourir aux huiles essentielles (HE) en mélangeant dans un flacon de 50 ml :
- 40 gouttes d’huiles essentielles (HE) de :
- 30 gouttes d’HE de camomille romaine ;
- 20 gouttes d’HE :
- de cardamome,
- de laurier noble ;
- en complétant par une huile végétale (de sésame ou de colza par exemple).
Massez votre plexus solaire et votre ventre avec 20 gouttes de cette préparation trois ou quatre fois par jour (jusqu’à six fois maximum). En cas d’utilisation prolongée, faites une pause de deux jours tous les cinq jours.
En cas d’échec du traitement médicamenteux, il existe des alternatives endoscopiques et chirurgicales :
- dilatation du sphincter inférieur de l’œsophage par voie chirurgicale ou endoscopique ;
- injections de toxine botulique pour réduire les spasmes en agissant sur les muscles de l’œsophage ;
- traitement chirurgical du reflux, qui consiste à sectionner des parties responsables des spasmes œsophagiens. Il est efficace pour traiter l’achalasie ou les contractions non coordonnées, mais comporte tout de même certains risques.
En dehors du traitement médical, chirurgical ou avec les huiles, il est possible de prendre certaines mesures simples pour améliorer votre santé :
- éviter de consommer des aliments trop chauds, trop froids ou trop épicés. Ils aggravent les spasmes œsophagiens ;
- bien mâcher les aliments pour réduire l’apparition de troubles gastro-intestinaux ;
- éviter de manger tard le soir ;
- en cas de reflux gastro-œsophagien, dormir avec la tête surélevée.