Dissoudre des calculs biliaires

Sommaire

Les calculs biliaires, aussi appelés calculs cholestéroliques, sont des amas de matières solides qui se forment dans la vésicule biliaire ou les canaux biliaires. Bien qu'ils passent parfois longtemps inaperçus, ils provoquent dans certains cas des coliques hépatiques extrêmement douloureuses. Heureusement, il existe aujourd'hui des options non chirurgicales efficaces pour dissoudre ces calculs.

Grâce à des médicaments spécifiques ou aux ondes de choc extracorporelles (lithotripsie), il est désormais possible de traiter les calculs biliaires de manière moins invasive. Cet article vous propose un aperçu des principales méthodes disponibles pour dissoudre les calculs biliaires et prévenir leur réapparition, afin de soulager durablement les patients atteints.

Zoom sur la formation des calculs biliaires

Les calculs biliaires sont de petits agglomérats qui ressemblent à des cailloux. Composés de cholestérol et/ou de pigments biliaires, ils se forment dans votre vésicule biliaire ou vos voies biliaires. On parle aussi de lithiase biliaire.

Le rôle de la vésicule biliaire

Votre vésicule biliaire collecte la bile produite par votre foie. Au moment de la digestion des aliments, sa contraction permet de déverser la bile dans l'intestin grêle par l'intermédiaire du canal cholédoque. La bile facilite alors la digestion des graisses (ou lipides).

La formation des calculs biliaires

L’apparition de calculs biliaires est un processus complexe influencé par plusieurs facteurs. Parmi les plus importants : le régime alimentaire, les hormones, la génétique et le mode de vie.

Un régime pauvre en fibres, une hydratation insuffisante, un excès de sucres raffinés et de graisses et la sédentarité favorisent la cristallisation du cholestérol et la formation de calculs dans la vésicule biliaire.

Dans le détail, voici les facteurs favorisants :

  • le manque d'hydratation ;
  • le manque de fibres alimentaires (apportées par les fruits et légumes) ;
  • le manque d'exercice physique ;
  • la consommation importante de sucres raffinés (à index glycémique élevé) et de graisses ;
  • l'obésité et le diabète ;
  • la perte trop rapide de poids (le foie est alors suralimenté en graisses provenant des tissus graisseux et en cholestérol. De plus, les régimes à répétition réduisent la stimulation de la vésicule biliaire) ;
  • les hormones œstrogènes : les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées que les hommes, la grossesse et la pilule œstrogénique augmentent aussi le risque de lithiase biliaire ;
  • le stress (comme tous les organes du système digestif, la vésicule biliaire fonctionne moins bien en cas de stress) ;
  • l'âge.

Les symptômes de la lithiase biliaire

La lithiase biliaire est souvent diagnostiquée par hasard, lors d'un examen. Les calculs biliaires peuvent ainsi rester longtemps sans qu'aucun symptôme ne se manifeste. Aucun traitement n'est alors justifié et vous pouvez parfaitement ne jamais ressentir de douleur, malgré la présence de calculs.

Cependant, une colique hépatique peut survenir à tout moment : la bile ne peut alors plus s'écouler de la vésicule vers les viscères à cause d’une concrétion. Cette situation se manifeste par une douleur aiguë du côté droit sous les côtes, et peut apparaître de jour comme de nuit. Il faut parfois plusieurs heures pour que le calcul soit excrété naturellement.

Important : des risques de complications existent, c'est pourquoi vous devez absolument consulter votre médecin si ces symptômes surviennent. Lorsqu'une fièvre est associée, consultez en urgence.

Les complications de la lithiase biliaire

Les complications potentielles de la lithiase biliaire, telles que la cholécystite aiguë, l'angiocholite et la pancréatite aiguë, soulignent l'importance d'une prise en charge adéquate. Elle peut en effet entraîner  :

  • la cholécystite aiguë, une douleur identique à celle de la colique hépatique mais qui ne passe pas. Elle s'accompagne d'une fièvre qui témoigne d'une infection de la vésicule. La nécrose des tissus de la vésicule et sa perforation est à craindre.
  • l'angiocholite, qui correspond à l'infection d'un canal biliaire lorsque le cristal migre et bouche ce dernier sans évacuation possible. La fièvre est alors intense et une jaunisse survient. Il s'agit d'une urgence vitale.
  • la pancréatite aiguë est une inflammation du pancréas. Elle peut se déclarer si une concrétion vient à migrer dans le canal de Wirsung (qui relie le pancréas à l'intestin) au lieu d’aller dans le système digestif. La pancréatite aiguë peut entraîner une urgence vitale.

Important : une cholécystite chronique, c'est-à-dire une inflammation chronique de la vésicule biliaire, peut aussi s'installer si vous subissez plusieurs récidives de coliques hépatiques mal traitées.

Le traitement de la lithiase biliaire dépend de la gravité des symptômes et des aggravations. Il peut reposer sur des médicaments pour dissoudre les calculs, une chirurgie pour les retirer, ou une modification de l'alimentation pour réduire le risque de récidive.

1. Prenez des médicaments pour dissoudre des calculs biliaires

Pour dissoudre les calculs biliaires de faible dimension (moins de 15 mm) et uniquement composés de cholestérol, il existe des médicaments.

Ces comprimés contiennent un acide biliaire au nom barbare : l'acide ursodésoxycholique (UCDA). Six mois de traitement sont au moins nécessaires pour venir à bout des calculs biliaires, voire davantage.

Les échographies permettent de suivre l'évolution de la dissolution des calculs.

Bon à savoir : Ces médicaments sont capables de réduire la taille des calculs biliaires, ce qui augmente le risque de migration des calculs et donc le risque de complications. Ils ne sont en général employés qu'en cas de contre-indication à la chirurgie (ablation de la vésicule biliaire).

2. Utilisez les ondes sonores pour dissoudre des calculs biliaires

Pour dissoudre les calculs biliaires, une technique de fragmentation par ondes de choc sonores existe : la lithotritie (ou lithotripsie) extracorporelle.

Sous contrôle radioscopique, elle consiste à envoyer des ultrasons directement sur les calculs afin que les petites bulles de vapeur contenues à l'intérieur les fragmentent. Les morceaux de calculs sont évacués naturellement dans l'intestin.

En général, cette méthode est couplée avec la prise d'acide ursodésoxycholique.

Important : les risques de récidives de lithiase biliaire sont grands après le traitement par ondes de choc et/ou par médicaments. C'est pourquoi ces techniques sont de moins en moins proposées, au profit de la cholécystectomie (ablation chirurgicale de la vésicule biliaire).

3. Prévenez la formation de calculs biliaires

Dans la lutte contre les calculs biliaires, il est essentiel de prendre en compte les risques liés à la chirurgie, tout en cherchant des traitements efficaces pour préserver la santé de la vésicule biliaire et du foie.

Les symptômes liés au cholestérol, tels que des douleurs biliaires, peuvent indiquer la nécessité d'intervenir au niveau du canal biliaire pour éviter des complications graves. Heureusement, votre alimentation et vos activités physiques, ainsi que certaines plantes, peuvent vous aider à prévenir l’apparition de calculs biliaires.

Changez vos habitudes

Si vous avez des calculs biliaires et que vous ne souffrez d'aucun symptôme ou si vous avez entrepris de les dissoudre suite à une colique hépatique, changez les habitudes qui peuvent favoriser leur développement :

  • si votre indice de masse corporelle (IMC) dépasse les 25, faites un rééquilibrage alimentaire afin de perdre au maximum 1 kg par semaine. Par la suite, maintenez l'effort afin de rester entre 18 et 25.
  • si votre IMC dépasse les 30, un rendez-vous avec un nutritionniste est vivement conseillé afin de vaincre l'obésité.
  • prenez modèle sur le régime alimentaire crétois, qui associe des légumes variés, des féculents et surtout des viandes maigres et du poisson, ainsi que de l'huile d'olive. Prenez soin de manger des fibres contenues dans les fruits et légumes et d'éviter le beurre, les confiseries et les plats préparés.
  • faites régulièrement du sport ou une activité physique. 30 minutes de marche par jour est un minimum.

À noter : La formule pour calculer votre indice de masse corporelle est : IMC = poids en kg/(taille en mètre x taille en mètre).

Nettoyez votre foie et votre vésicule biliaire

Certaines plantes permettent d’aider à nettoyer les voies biliaires et hépatiques et peuvent contribuer à limiter la formation de calculs biliaires (attention, ces informations ne se substituent pas à une consultation médicale) :

  • le boldo (Peumus boldus) : sa molécule de boldine stimule la sécrétion et l'évacuation de la bile vers l'intestin. Vous pouvez trouver cette plante sous forme de compléments alimentaires en gélules, comprimés ou infusions en pharmacie.
  • l’artichaut (Cynara scolymus) : sa molécule de cynarine accélère la production de bile. Des gélules et ampoules sont disponibles en pharmacie.
  • la fumeterre (Fumaria officinalis) favorise l'évacuation de la bile. Des infusions, gélules, comprimés et ampoules existent en pharmacie.
  • le champignon shiitaké (lentinus edodes) favorise l'excrétion de bile par la vésicule biliaire et prévient l'apparition de calculs (il faudrait en consommer environ 10 g par jour, sauté à la poêle dans l’idéal).

En priorité, buvez chaque jour, pendant 3 semaines, un litre de décoction d’aubier de tilleul sauvage du Roussillon (Tilia cordata sylvestris). C’est LA plante des calculs par excellence : elle stimule les fonctions dépuratives du foie, elle contient du phloroglucinol qui a des propriétés antispasmodiques et augmente le flux biliaire. Pour préparer votre décoction :

  • placez 40 g d’aubier coupé dans 1 litre d’eau froide ;
  • à couvert, laissez frémir 10 minutes, puis laissez infuser 10 minutes de plus et filtrez.

Important : si ces plantes peuvent prévenir la croissance des calculs biliaires, vous ne devez en aucun cas les consommer si des calculs sont encore présents. Leur action sur l'élimination de la bile pourrait entraîner une colique hépatique. En outre, leur usage est réservé à l'adulte et proscrit chez la femme enceinte ou allaitante.

La lutte contre les calculs biliaires contribue directement à la santé des patients. En effet, les méthodes de dissolution des calculs biliaires restent réservées à des situations spécifiques.

Les médicaments sont généralement prescrits en cas de contre-indication à la chirurgie, tandis que la lithotritie extracorporelle s’envisage pour les patients qui ne sont pas de bons candidats à la chirurgie ou qui préfèrent une option non chirurgicale.

Par ailleurs, ces méthodes comportent des risques de récidive et ne sont pas toujours efficaces à long terme. Ainsi, dans de nombreux cas, la cholécystectomie reste le traitement de choix pour prévenir les aggravations liées aux calculs biliaires.

En conclusion :

  • Les symptômes des calculs biliaires sont parfois inexistants, mais peuvent aussi se traduire par des douleurs abdominales occasionnelles ou coliques hépatiques aiguës nécessitant une consultation médicale immédiate.
  • Des traitements par médicaments ou une chirurgie par ondes sonores contribuent à dissoudre les calculs biliaires.
  • Des changements de mode de vie et l'utilisation de plantes pour prévenir le développement de nouveaux calculs s’imposent parfois.
  • Il est recommandé de consulter un professionnel de la santé pour déterminer le traitement le plus approprié à chaque situation individuelle.

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