Angiocholite

Sommaire

L'angiocholite est l'une des complications possibles liées à la présence de calculs biliaires. Pour éviter que cette infection ne se propage à l'ensemble de l'organisme, il est indispensable de la traiter en urgence.

Zoom sur l'angiocholite, ses causes et le traitement adapté à cette pathologie.

Définition de l'angiocholite

L'angiocholite est une affection sévère, qui survient lors d'une infection des voies biliaires. Pour rappel, la bile est un liquide visqueux de couleur jaune-vert produit par le foie. Elle est stockée au niveau de la vésicule biliaire et est mobilisée au moment de la digestion.

Des canaux acheminent la bile du foie à l'intestin grêle : on les appelle les voies biliaires. Lorsqu'un obstacle s'oppose à sa circulation au sein de ceux-ci, le liquide ne peut plus s'écouler.

Il stagne et devient alors un milieu propice aux développement de bactéries : c'est l'angiocholite. Les microbes incriminés ont une origine intestinale, il s'agit par exemple d'Escherichia coli, de Klebsiella pneumonia, de Pseudomonas aeruginosa...

Angiocholite : quelles causes ?

Plusieurs éléments peuvent être responsables de l'obstruction des voies biliaires :

  • dans la grande majorité des cas, il s'agit d'une lithiase biliaire (un « calcul »), petit amas solide qui se forme dans la vésicule biliaire et migre dans un canal, au sein duquel il se coince ;
  • le développement de tumeurs cancéreuses, au niveau des voies biliaires en elles-mêmes ou du pancréas, du foie ou de l'intestin, qui compriment les canaux ;
  • une chirurgie préalable des voies biliaires, qui a entrainé un rétrécissement de celles-ci ;
  • de façon exceptionnelle dans notre pays, la présence de parasites (Echinococcus granulosus, Ascaris...).

Symptômes liés à une angiocholite

L'infection de la bile entraîne une inflammation des parois des voies biliaires. L'angiocholite s'accompagne d'une succession de symptômes, en moins de deux jours :

  • tout d'abord une douleur très vive au niveau du foie et de la vésicule biliaire, au niveau de l'hypochondre droit, c'est-à-dire sous la dernière côte. Cette douleur peut irradier vers les omoplates ;
  • puis survient brutalement une fièvre importante (39 à 40 °C), souvent accompagnée de frissons ;
  • enfin, un ictère : la peau prend une coloration jaunâtre.

La situation doit rapidement être maitrisée pour éviter les complications : septicémie, insuffisance rénale, développement d'abcès au niveau du foie... Le pronostic vital du patient est engagé, il s'agit d'une urgence médicale.

Bon à savoir : chez les malades souffrant d'angiocholite, les urines prennent une teinte foncée, tandis que les selles sont décolorées.

Traitement à suivre en cas d'angiocholite

Pour restaurer la circulation de la bile

L'un des objectifs du traitement est d'éliminer l'obstacle et d'évacuer la bile infectée. Pour y parvenir, on recourt le plus souvent à une Cholangio-Pancréatographie Rétrograde par voie Endoscopique (CPRE).

Cette intervention se déroule sous anesthésie générale et consiste à introduire un duodénoscope par la bouche, puis de descendre jusqu'au duodénum, la première partie de l'intestin grêle. Il est ainsi possible d'éliminer le calcul responsable de l'angiocholite sans passer par une opération chirurgicale plus lourde.

À noter : il est parfois nécessaire de procéder à l'ablation de la vésicule biliaire, intervention nommée « cholecystéctomie », pour éviter que des calculs biliaires ne se forment à nouveau.

Traitement pour éliminer les microbes

À partir d'un prélèvement sanguin chez le patient, la bactérie responsable de l'infection est identifiée (hémoculture) et sa sensibilité aux antibiotiques établie afin de choisir la molécule la plus adaptée. Souvent, deux antibiotiques sont associés afin d'optimiser la réussite du traitement.

L'antibiothérapie est administrée par voie intraveineuse, pendant 5 jours au maximum. Les molécules généralement utilisées sont : les céphalosporines, les aminosides, les quinolones.

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