Colique néphrétique

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Une douleur soudaine, brusque et presque insupportable dans le dos, sous les côtes, d’un côté, et s'étendant vers les organes génitaux externes ? Il s’agit peut-être d’une colique néphrétique.

Comment apparaît-elle ? Comment la prendre en charge ? On vous en dit plus.

Qu'est-ce que la colique néphrétique ?

La colique néphrétique est un symptôme qui se caractérise ainsi :

  • il s’agit d’une douleur aiguë et brutale ressentie au niveau de la région lombaire ;
  • la douleur se manifeste d’un seul côté, celui du rein touché, le plus souvent la nuit ou le matin ;
  • elle irradie dans le bas du ventre, vers l’aine et les organes génitaux externes ;
  • elle est due à une obstruction des voies urinaires : l’urine ne peut plus s’écouler et la pression augmente.

Bon à savoir : la douleur ressentie pendant une période de crise peut durer d’une dizaine de minutes à quelques heures.

Les douleurs relatives à la colique néphrétique peuvent s’accompagner d’autres maux :

  • des troubles urinaires : sang dans les urines, envie fréquente d’uriner ;
  • des désordres digestifs : ballonnements, nausées ou encore vomissements.

Causes de la colique néphrétique

La colique néphrétique est due à une obstruction des voies urinaires, qui empêche l’urine d’être excrétée depuis le rein vers l’extérieur du corps.

Dans la plupart des cas, les calculs rénaux sont la principale cause : appelés « pierres aux reins », ce sont des cristaux durs et contenant majoritairement du calcium, qui se forment dans les reins. La plupart du temps, ils apparaissent à cause d’un manque de dilution des urines, en raison d'une consommation trop faible d’eau.

Parmi les autres facteurs à l’origine de coliques néphrétiques, citons :

  • des tumeurs (pelvienne, des voies rénales) ;
  • une inflammation de l’uretère ;
  • la présence de ganglions ;
  • une grossesse ;
  • un IMC élevé (notamment chez les hommes jeunes).

Les calculs rénaux se forment à l’intérieur d’un rein dans 90 % des cas. Dans 80 % des cas, ils sont composés de calcium (oxalate de calcium) mais ils peuvent aussi être composés de sels d'urate en raison d'un excès d'acide urique (déchet issu de la dégradation de protéines) ou encore de struvite (phosphates) plus fréquemment chez les femmes.

Bon à savoir : les enfants peuvent aussi présenter des lithiases urinaires, quel que soit leur âge (on évoque ce diagnostic devant une hématurie ou une crise de colique néphrétique).

Colique néphrétique : comment la traiter ?

Traitements pour soulager la colique néphrétique

Réduire la douleur est la première des choses à faire. Il s’agit ensuite de retirer la cause des douleurs, le plus souvent la présence de calculs rénaux :

  • Dans certains cas, (infection, pas d'apaisement de la douleur malgré les antalgiques administrés), une intervention peut s’avérer nécessaire. Le médecin introduit une sonde par l’urètre et la place entre la vessie et le rein dans chacun des uretères : l’urine pourra ainsi passer autour du calcul rénal.
  • Si le calcul rénal est trop volumineux, il devra être fragmenté ou extrait de manière chirurgicale.
  • Il existe aussi des approches complémentaires, comme :
    • l’homéopathie (cantharis, colocynthis, belladonna...),
    • la naturopathie, qui peut proposer le citrate de potassium et de magnésium ainsi que du zinc en compléments alimentaires pour, dans deux tiers des cas, éliminer définitivement les calculs rénaux (les naturopathes mettront l'accent sur la nécessité de rétablir un bon équilibre acido-basique).

Prévention de la colique néphrétique

Il existe quelques astuces pour tenter de prévenir la survenue de coliques néphrétiques, ou du moins de réduire les risques de leur apparition :

  • S’hydrater régulièrement pour diluer l’urine et éviter la formation de calculs rénaux (1,5 à 2 litres d’eau par jour).
  • Pratiquer une activité physique : en augmentant la température corporelle, elle stimule la transpiration et donc l’élimination des déchets acides. De plus, elle augmente la fréquence et le volume respiratoires, et donc l’élimination de déchets acides volatils. Concrètement, faites chaque jour une demi-heure de marche rapide, de course à pied ou de vélo, quelques exercices de musculation sont aussi intéressants.
  • Réduire la consommation d’aliments riches en oxalates (composés d'origine végétale s’associant avec le calcium présent dans les urines pour former les calculs d'oxalate de calcium) : épinards, rhubarbe, asperges, tomates cuites, patate douce, arachide, betterave, chocolat, café ou encore le thé.
  • En cas de calculs d'acide urique, il faudra aussi veiller à limiter la consommation d’abats, de gibier, de viandes séchées ou fumées, de charcuterie, d’anchois, de sardines et de légumineuses.
  • Si vos calculs sont composés de phosphate, modérez votre consommation d’oléagineux, de fromage et de légumineuses.
  • Limiter les aliments très sucrés ou salés, qui augmentent l’excrétion de calcium dans les urines et donc le risque de cristallisation à l’origine de la formation de calculs.
  • Éviter un apport excessif en protéines (et donc en viande) pour favoriser l’élimination du calcium par l’os.
  • Avoir recours à la phytothérapie, et en particulier la consommation de plantes aux propriétés diurétiques : la bardane, le cassis, le romarin, l’ortie, le pissenlit, le sureau, les queues de cerise ou encore la prêle des champs (la fumeterre et la pensée sauvage sont aussi intéressantes pour stimuler l’activité d’élimination de la peau afin d’orienter les déchets acides vers elle).

Une étude montre également que celles et ceux dont les calculs se sont formés dans la partie inférieure du rein et dont le diamètre était de 3 à 6 mm présentent davantage de risques de récidives.

Source : Lisa E. Vaughan et al., “Predictors of Symptomatic Kidney Stone Recurrence After the First and Subsequent Episodes”, Mayo Clinic Proceedings, février 2019.

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