Flore commensale

Sommaire

La flore commensale représente l’ensemble des bactéries présentes dans (ou sur) l’organisme et qui participent à son bon fonctionnement. Elle s’oppose ainsi à la flore pathogène qui rassemble l’ensemble des agents pathogènes (bactéries, virus, champignons, parasites) qui peuvent s’attaquer à l’hôte et provoquer des infections. Selon leur localisation, plusieurs types de flore commensale sont distingués. Chacun assure un rôle spécifique et bénéfique pour l’être humain.

Qu’est-ce que la flore commensale ?

La flore bactérienne commensale résidente regroupe l’ensemble des bactéries qui vivent à l’intérieur ou sur le corps humain, chez les personnes en bonne santé. Toutes ces bactéries contribuent chacune au bon fonctionnement du corps et sont donc indispensables pour la santé. Le nombre total des bactéries commensales dépasse de loin le nombre total de cellules qui constituent un humain.

Une bactérie est dite commensale lorsqu’elle vit au contact de l’hôte sans provoquer de trouble. Ces bactéries peuvent provenir de l’environnement ou d’autres organismes.

Bon à savoir : Cette flore se distingue de la flore pathogène, responsable des infections, en participant activement à des processus vitaux. Parmi les acteurs clés de cette flore, vous trouverez les Lactobacillus, des bactéries bénéfiques impliquées dans la régulation du pH dans le vagin, garantissant ainsi une flore génitale équilibrée

Tous les organismes sont exposés aux bactéries. La flore commensale se constitue dès la naissance. Cette flore est variable selon :

  • l’âge ;
  • le statut hormonal chez les femmes ;
  • l’alimentation ;
  • le traitement à base de certains médicaments (en particulier les antibiotiques).

Comprendre le rôle essentiel de la flore commensale

Souvent méconnue du grand public, elle joue un rôle crucial dans le maintien de la santé. En plongeant dans la complexité de ce microcosme invisible, vous pourrez découvrir comment des milliards de micro-organismes, tels que les Lactobacillus, les streptocoques et d'autres espèces cohabitent harmonieusement avec l’être humain, contribuant ainsi à son équilibre.

Elle apporte des nutriments et des vitamines indispensables pour le sujet, et constitue une barrière écologique contre les agents pathogènes (protection). Cependant, en cas de déséquilibre (par exemple suite à un traitement antibiotique), certaines bactéries peuvent devenir nocives et provoquer des infections.

Les différents types de flore commensale

Selon leur localisation, quatre grands types de flore commensale ou microbiotes sont définis :

  • le microbiote cutané qui réside sous la peau ;
  • le microbiote respiratoire qui réside dans les voies aériennes supérieures ;
  • le microbiote génital qui se situe dans les muqueuses génitales féminines ;
  • le microbiote digestif qui réside dans l'appareil digestif.

Le microbiote cutané : un écosystème protecteur

Peuplé de staphylocoques non pathogènes et de corynébactéries, il agit comme une barrière protectrice. La flore cutanée varie selon les zones de la peau. Elle se compose essentiellement de trois types de bactéries :

  • des staphylocoques non pathogènes (Staphylococcus epidermidis) ;
  • des corynébactéries ;
  • Propionibacterium acnes.

Parallèlement à cette flore permanente, une flore bactérienne transitoire est présente sur la peau et varie considérablement au cours du temps. Les bactéries qui la constituent proviennent du tube digestif ou des voies aériennes :

  • des entérobactéries ;
  • des entérocoques ;
  • Pseudomonas æruginosa en particulier en milieu hospitalier ;
  • le staphylocoque doré.

Ces bactéries peuvent être potentiellement nocives et jouent un rôle majeur dans la transmission des maladies par les contacts humains. Le lavage des mains est ainsi crucial pour limiter cette flore transitoire et le risque de transmission des maladies.

Le microbiote respiratoire : gardien de nos voies aériennes

La flore commensale respiratoire colonise les voies aériennes supérieures. Elle se limite vers le bas à la trachée, les voies aériennes inférieures étant des milieux stériles sauf en cas d’infection. Très variable, elle est très abondante dans la sphère ORL et du pharynx. De nombreuses bactéries potentiellement nocives peuvent y circuler :

  • le staphylocoque doré ;
  • des streptocoques dont le pneumocoque ;
  • Hæmophilus influenzæ ;
  • Neisseria ;
  • Branhamella catarrhalis ;
  • des corynébactéries ;
  • des lactobacilles ;
  • des bactéries anaérobies.

En cas de déséquilibre de la flore respiratoire, l’une de ces bactéries peut devenir dominante et provoquer une infection respiratoire.

Pour éviter que la flore des voies aériennes supérieures n'atteigne les voies inférieures, des cils, du mucus et des globules blancs sont présents dans la zone de la trachée.

Le microbiote génital féminin : un équilibre hormonal délicat

Le microbiote génital n’existe que chez la femme au niveau vaginal. L’utérus est, quant à lui, un milieu stérile, séparé du vagin par le col de l’utérus. Ce microbiote génital joue plusieurs rôles majeurs de protection. Il se compose de plusieurs bactéries :

  • principalement les lactobacilles acidophiles ou bacilles de Döderlein qui régulent le pH acide du vagin afin de contrôler la flore vaginale ;
  • du streptocoque B ;
  • des corynébactéries ;
  • Bifidobacterium.

La flore vaginale évolue en fonction du statut hormonal de la femme :

  • avant la puberté où elle est quasiment absente ;
  • à partir de la puberté où elle est dominée par les bacilles de Döderlein ;
  • au cours de la grossesse ;
  • après la ménopause où les bactéries anaérobies et les entérobactéries deviennent plus abondantes.

Le microbiote digestif : un acteur majeur de la santé générale

La flore commensale digestive ou intestinale est la flore commensale la plus importante et la plus abondante. Elle varie en fonction du niveau de l’appareil digestif.

  • Dans la zone de la bouche, la flore salivaire est essentiellement dominée par des bactéries de la flore respiratoire (streptocoques, entérobactéries et bactéries anaérobies). Ces bactéries peuvent jouer un rôle déterminant dans le développement de la plaque dentaire et ses conséquences (endocardite infectieuse – infection cardiaque).
  • Dans la région de l’estomac, la flore est limitée par la très forte acidité du milieu gastrique.
  • Dans la région de l’intestin grêle, la flore est également limitée par un transit intestinal rapide. On y retrouve majoritairement des streptocoques, des staphylocoques et des lactobacilles.
  • Dans la région du côlon, la flore intestinale est la flore la plus variée : il s’y trouve principalement des bactéries anaérobies (BacteroïdesBifidobactérium et Clostridium), mais aussi des entérobactéries, des entérocoques et des staphylocoques.

Elle assure des rôles fondamentaux et permet entre autres (quand tout va bien) :

  • la synthèse de la vitamine K (rôle essentiel dans la coagulation sanguine) ;
  • l’absorption des aliments (rôle digestif) ;
  • de prévenir les infections intestinales mais aussi les allergies (rôle immunitaire majeur) ;
  • de lutter contre le développement des cellules cancéreuses et de certaines pathologies neurodégénératives, Alzheimer et Parkinson notamment ;
  • de conserver le moral via la fabrication de sérotonine au niveau cellulaire intestinal ;
  • de gérer le poids (les personnes en surpoids ou obèses ont une flore intestinale déréglée qui les empêche de maigrir). Une mauvaise flore intestinale est aussi associée au diabète.

En conclusion :

  • La flore commensale, ou microbiote, composée de bactéries bénéfiques, est cruciale pour le fonctionnement sain du corps humain.
  • Elle varie selon l'âge, le statut hormonal, l'alimentation et les médicaments.
  • Les microbiotes cutané, respiratoire, génital et digestif jouent des rôles spécifiques dans la protection, la digestion, et l'immunité.
  • Ils permettent de maintenir un équilibre global de la santé humaine.

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