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Intoxication au mercure

Mis à jour le 15/05/2019

Temps de lecture estimé à 5 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Digestion

Sommaire.

  1. Intoxication mercure : caractéristiques du mercure
  2. Les différentes formes de mercure
  3. Intoxication mercure : effets sur la santé
  4. Intoxication au mercure : les signes
  5. Limiter l’intoxication au mercure

Le mercure est un élément métallique naturel retrouvé dans l’environnement sous différentes formes. Nous sommes tous exposés au mercure à des degrés variés, mais l’accumulation de mercure dans l’organisme peut entraîner des conséquences notoires sur la santé, à commencer par l’intoxication au mercure. Le point.

Intoxication mercure : caractéristiques du mercure

Le mercure est un élément métallique naturellement présent dans tous les compartiments de l’environnement : air, eau, sols. Renfermé dans l’écorce terrestre, il est libéré par l’érosion des roches, ou encore l’activité volcanique. Les activités humaines rejettent une grande quantité de mercure, qu’il s’agisse de son exploitation minière, des processus industriels, de la production d’énergie électrique, ou de l’élimination de certains déchets.

On trouve du mercure dans un certain nombre de matériaux et produits de consommation courante : piles, appareils de mesure (baromètres, thermomètres, anciens tensiomètres), commutateurs et relais électriques, lampes à basse consommation, amalgames dentaires. Une fois libéré, le mercure se répartit au sein des sols, de l’air et des eaux, suivant un véritable cycle. Il s’accumule dans l’organisme des êtres vivants sous forme de méthylmercure, en particulier chez les poissons et les crustacés où il atteint une concentration très élevée. L’alimentation représente la source majeure d’exposition au mercure chez l’être humain.

Symbolisé par Hg, le mercure est le seul métal liquide à température ambiante. Il faut savoir qu’il est extrêmement volatile, qu’il se combine facilement avec d’autres molécules et qu’il s’oxyde facilement en présence d’oxygène, passant à l’état ionisé (Hg2+).

Le mercure est considéré comme le métal lourd non radioactif le plus toxique. Sa toxicité vient de plusieurs facteurs :

  • sa grande volatilité, étant donné qu’il passe facilement de l’état liquide à l’état gazeux à température ambiante (il peut donc être inhalé) ;
  • sa solubilité dans l’eau et les graisses (il peut circuler dans le corps et traverser les différentes barrières) ;
  • sa capacité à se lier à des molécules du corps telles que les protéines ou les acides nucléiques et à modifier leur structure ainsi que leur fonction biologique.

Les différentes formes de mercure

Le mercure est retrouvé sous deux formes, ces différentes formes s’échangeant en permanence :

  • Le mercure métallique ou inorganique, lui-même réparti sous trois formes distinctes :
    • mercure métallique élémentaire, de forme liquide à température ambiante ;
    • mercure gazeux, inhalé par l’organisme, transformé en forme ionisée par les catalases des globules rouges, pouvant ainsi circuler dans le sang ;
    • mercure ionique, transformé en mercure organique dans les intestins ou le sang par l’action d’enzymes ou de micro-organismes, selon l’acidité et la présence de soufre ou de chlore.
  • Le mercure organique (méthylmercure, diméthylmercure), constitué par du mercure inorganique associé avec des molécules carbonées présentes chez les êtres vivants.

Intoxication mercure : effets sur la santé

Les principales voies d’intoxication sont surtout l’ingestion et l’inhalation, la pénétration par voie cutanée étant plus rare. Les manifestations concernent les poumons, les reins, le système nerveux, le tube digestif, le système immunitaire, et la peau.

Les symptômes neurologiques sont divers et comportent des tremblements, des troubles cognitifs et psychiatriques, des maux de tête, des insomnies, une altération de l’audition, ou encore des difficultés d’élocution. Les troubles digestifs sont définis par des vomissements, des diarrhées et des douleurs abdominales.

Le mercure passe la barrière placentaire et se concentre dans le lait maternel. Le fœtus est particulièrement sensible aux effets du mercure, en particulier sur le plan neurologique.

Intoxication au mercure : les signes

Il existe des tests permettant de quantifier la quantité de mercure dans la salive, le sang, les urines et les cheveux. Chez l’adulte, les risques de toxicité apparaissent à 50 µg/g d’urine. Les premiers effets d’une intoxication se manifestent à partir de 100 µg/L de sang, les symptômes neurologiques apparaissant vers 200-500 µg/L de sang.

Selon l’OMS, la dose hebdomadaire tolérable provisoire préconisée est de 5 µg/kg (à réduire chez la femme enceinte ou allaitante) ce qui correspond à environ 300 µg de mercure total par semaine. Il faut souligner que 200 µg de mercure organique correspond à 200 g de poisson par semaine soit un repas contenant du poisson contenant 1 µg de mercure.

Concernant les amalgames, la dose quotidienne liée aux vapeurs serait de 3,8 à 21 µg donc inférieure à la valeur limite de 300 µg/semaine. Toutefois, des effets indépendants des doses ne peuvent être exclus et le risque augmente en cas de multiples amalgames.

Limiter l’intoxication au mercure

Outre les mesures de politique environnementale de limitation des émanations de mercure, chacun peut adopter des mesures de prévention contre l’intoxication au mercure :

  • Il est conseillé de limiter la consommation d’aliments à risque comme les crustacés, les poissons d’eau douce et les poissons gras des mers. Il semble judicieux de griller les poissons et de jeter le jus de cuisson, le mercure étant stocké dans les tissus graisseux.
  • En cas de bris d’appareil à teneur en mercure ou de lampe à économie d’énergie, il faut aérer la pièce, éviter d’utiliser un aspirateur mais plutôt ramasser le mercure avec une feuille (ou une bande adhésive si le mercure est sous forme de poudre), et le placer dans un bocal fermé à rapporter dans un point de vente.
  • Enfin, il vaut mieux différer la pose et la dépose d’amalgames au mercure chez la femme enceinte.
À noter

Les traitements reposent sur des chélateurs qui se lient au mercure et permettent son élimination.

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